Seveso ; un modele de securité industrielle

S'il n'y a pas d'échelle de valeurs dans les audits en sécurité industrielle, il va de soi que ka orme  Seveso est  particuliere à bien des endroits. L'histoire de cette normalisation est un cas d'école pour les entreprises comme la nôtre qui sont au cœur des processus de contrôle et de sécurité industrielle. On peut dire que la catastrophe dans la petite ville portant le nom de la directive a marqué l'histoire de l'industrie européenne. Cet événement dans la ville de Seveso, le 10 juillet 1976, a mis en lumière l'une des pires gestions d'une catastrophe industrielle de l'histoire. On peut facilement dire que c'est un peu le Tchernobyl de l'Ouest. Le pire n'a pas été l'explosion et le nuage de gaz, mais bel et bien la gestion des conséquences. Aujourd'hui, le travail des entreprises de contrôle et de sécurité se porte sur l'amont, afin de limiter tous les risques d'accidents, mais aussi sur le process à suivre en cas d'un incident ou d'un accident plus grave. Même si les sites industriels Seveso ne sont pas contrôlés par des entreprises privées, la directive a largement inspiré l'ensemble des acteurs qui recherchent l'excellence, seule option face à la responsabilité de leurs différentes missions.

Seveso : c'est quoi exactement ?

On entend souvent parler des sites industriels Seveso et c'est rarement pour mettre en avant le savoir-faire de l'industrie française. La menace terroriste a rajouté un niveau d'alerte pour des lieux plus ou moins sensibles. Il y a deux niveaux Seveso et plus une spécification supplémentaire.

  • Le Seveso seuil bas (Risque important – 515 établissements).
  • Le Seveso seuil haut (Risque majeur – 656 établissements). Elles sont appelées Seveso AS (soumise à Autorisation Servitude d'utilité publique)

« Certains sites Seveso sont en outre classés « point d'importance vitale » au titre du code de la défense et font ainsi l'objet d'un plan particulier de protection établi par les exploitants sous le contrôle des préfets » précise le ministère de l'Écologie.

La différence entre les deux niveaux ne se fait pas uniquement sur la dangerosité des produits nécessaires au travail de ces industries, mais sur des niveaux de seuil sur les quantités. Si on prend en exemple le comburant  (produits chimique qui permet d'allumer des produits combustibles) :

Si elle dispose de 100 tonnes de divers comburants, elle est considérée comme Seveso seuil bas. Si elle excède, les 200 tonnes, elle passe dans le classement supérieur avec tout un processus de contrôle et de sécurité différent.

Pour le classement en « point d'importance vitale », on retrouve tous les points stratégiques de la sécurité nationale visés par le ministère de l'Intérieur. 

Seveso : une directive européenne de sécurité industrielle

Il est souvent oublié dans les reportages de préciser le caractère européen de cette directive. Le choc après les événements tragiques de Seveso a mis les États européens devant une réalité ignorée : aucun pays n'avait de plan pour éviter ce genre d'accident. Aujourd'hui nous en sommes à la 3e directive. En effet, la directive s'enrichit notamment des accidents industriels qui arrivent encore. On sait aujourd'hui qu'une usine Seveso de Rouen est en proie aux flammes et on espère que les conséquences seront limitées, mais on sait déjà que l'enquete servira à ameliorer le plan Seveso. Le grand public a du mal à concevoir que malgré les directives le "zéro accident" est un concept utopiste.

L'exemple de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2011 a mis en évidence le nitrate d'ammonium. La directive 2003/105/CE modifia en 2003 les valeurs des seuils de plusieurs produits dont le nitrate d'ammonium.

Seveso : un niveau de sécurité très large

Contrairement à des audits de sécurité sur des sites industriels classiques, la dangerosité implique de prévoir le pire. On retrouve les mêmes conseils que pour un audit classique, comme l'inusable et essentiel conseil du téléphone au volant sur les sites industriels ou la tracabilité dans la production de médicaments. Un plan dit Seveso doit être mis en place et validé par les Autorités. La crainte est évidemment que le public extérieur à l'usine soit menacé. Encore une fois, l'exemple d'AZF a Toulouse a démontré la puissance d'une explosion qui a rasé les alentours et fait des dégâts à plusieurs kilomètres ! L'autre point de différenciation, c'est sur la sécurité du site et du contrôle des entrées. Là encore, les derniers attaques terroristes qui ont touché l'Europe ont obligé les gouvernements à mettre un niveau supplémentaire sur les contrôles à l'entrée de ces lieux. Lorsque les différents pays parlent de Risque 4 ou 5, les sites Seveso sont concernés et certains d'entre eux sont même sécurisés par l'armée lorsque le niveau d'alerte est à son maximun.

Notre métier de contrôle et de sécurisation des sites industriels est devenu indispensable. Les entreprises qui sont mandatées pour le faire engagent leurs responsabilités. Les normes deviennent de plus en plus exigeantes et il n'existe plus aujourd'hui de site industriel qui n'a pas légalement l'obligation d'être audité par un tiers. C'est en étroite collaboration que nous travaillons avec les sites industriels pour préserver la sécurité du personnel et du matériel pour éviter des drames qui peuvent toucher le grand public.