la sécurite industrielle en question?

Le risque zéro n'existe pas. Tous les ans des drames sont évités et les accidents industriels demeurent rares, mais ils frappent à chaque fois l'opinion publique et restent gravés dans l'inconscient collectif. Le fait qu'ils ne sont jamais anodins et qu'ils touchent des secteurs où un simple accident peut avoir des conséquences, sinon terribles, en tous cas impressionnantes. Pourtant, on peut dire que la réglementation est extrêmement stricte et en perpétuel mouvement pour anticiper tous les risques. Malheureusement, on peut souvent parler de négligence dans la plupart de ses accidents. Pour les professionnels de la sécurité industrielle, cela signifie que ces accidents sont évitables, mais aussi que la réglementation sans pédagogie n'a aucun sens. On peut donc se demander ce qu'est une bonne réglementation.
 

Une bonne réglementation, c'est quoi ?

L'Union européenne a réuni un comité d'étude qui a essayé de mettre en place les commandements d'une bonne réglementation. Celle-ci s'applique aussi bien aux géants de l'industrie pétrolière, qu'aux petits casinos en ligne qui piègent parfois les joueurs avec des bonus sans dépôt, pour les encourager à jouer d'avantage sans vraiment lire la règlementation du site. 

Transparence : La compréhension est primordiale. Il faut donc que l'explication et la dénomination soient compréhensibles par tous et notamment pour les non-spécialistes. Les objectifs doivent être clairs. Il est indispensable que le secteur en question soit sollicité afin d'éviter des conflits entre la théorie et la pratique qui ne font qu'exacerber les distensions entre les acteurs du règlement et ceux qui doivent le mettre en place. En matière de transparence, il ne faut pas oublier de parler de temps. La période de transition et la date butoir doivent être clairement définis avec les acteurs du secteur.

Concertation  : Il faut éviter à tout prix que la réglementation semble imposée par un comité Théodule. L'autorité de contrôle et de règlement doit être au cœur d'un dialogue avec d'un côté le gouvernement ou le ministère, mais aussi avec les acteurs qui vont devoir mettre en place le règlement en question. Le règlement doit mettre en place des procédures de recours et d'appel.

Cohérence : La complexité des différentes réglementations, c'est qu'elles ne se retrouvent pas opposées entre elles ! Une mesure de sécurité industrielle ne doit pas annuler une autre par inadvertance ou laisser un choix qui peut mener à des conséquences dramatiques. Le travail de l'organisme de régulation doit se faire autant en amont qu'en aval du règlement à remplacer ou à modifier.

Equilibre : c'est un grand débat qui peut souvent amener à l'incompréhension du grand public. Un règlement quel qu'il soit ne doit pas ruiner un secteur et on pense notamment aux petites et moyennes entreprises. L'équilibre entre le coût et la sécurité est primordial. Il est donc conseillé de trouver des solutions parallèles pour des entreprises n'ayant pas la possibilité de s'adapter à cause du coût prohibitif d'une nouvelle réglementation.

Focus : Il faut des réglementations qui soient précises et le plus ciblée possible. L'objectif est d'éviter les dommages collatéraux et concerner, autant que faire ce peu, uniquement le secteur ou la branche concernée, sous peine de devenir une usine à gaz. Une bonne réglementation doit anticiper et donc toujours être remise en cause pour la corriger si besoin est.

L'accident de Macando comme sujet

Le grand public n'a sans doute pas connu les raisons de l'un des pires accidents du 21e siècle qui espérons-le sera avare de ce genre d'événements. Macando, c'est l'accident du 20 avril 2010 qui a fait exploser la plate-forme pétrolière BP créant un des plus grands drames écologiques dans cette partie du monde. On parla au bas mot de quatre millions de tonnes de pétrole qui ont pollué les océans. À l'origine de l'explosion et de la catastrophe, on trouve un tuyau qui s'est coincé empêchant la fermeture de la valve. Dans la sécurité industrielle, chaque accident est une occasion d'apprendre et de faire évoluer les réglementations. Pour cet accident, les autorités américaines ont souligné les améliorations nécessaires au travail de contrôle de la sécurité.

L'étude a établi que l'institution et le contrôle avait un effectif trop faible et trop disparate pour mener ses missions de façon optimale. La question soulevée n'a pas été résolue en condamnant facilement l'Institut de contrôle, mais elle a mis en lumière une problématique structurelle : le peu de personnes qualifiées sur le marché du travail et les salaires très élevés de la branche. Tout cela créait un manque de personnel et donc une sur une exploitation des ressources qui n'avaient donc plus le temps de se former. L'effet boule de neige concerne évidemment la conception de forage, mais aussi l'Institution qui a mené les contrôles. 

La réglementation de la sécurité industrielle n'est pas univoque. Elle doit prendre en compte l'ensemble de la profession dès la réflexion sur la réglementation. Tout ne doit pas peser sur les entreprises. Comme on le constate avec le drame du Golfe du Mexique de 2010, un bon règlement implique aussi une formation et du personnel de contrôle qualifié et en nombre.